Outil — Décodage des labels

Ce que chaque label garantit vraiment

Label ISR, Greenfin, Finansol, SFDR Article 6, 8 ou 9, taxonomie verte européenne : sept tampons, sept promesses différentes. Choisissez un référentiel pour voir ce qu'il garantit, ce qu'il ne garantit pas, qui le contrôle, et comment vérifier vous-même qu'un fonds l'a réellement obtenu.

Critères vérifiés en juillet 2026 — lelabelisr.fr, ecologie.gouv.fr, finance-fair.org, AMF, EUR-Lex

Choisissez un référentiel

Un tampon n'est jamais une garantie globale

Un label ou une classification réglementaire porte toujours sur un point précis — une méthodologie, une exclusion, une intention de durabilité. Connaître ce point précis, c'est déjà savoir ce qu'il faut vérifier soi-même pour le reste.

Labels d'État ou associatifs

Classification réglementaire SFDR

Réglementation européenne

Labels d'État ou associatifs

Label ISR (Investissement Socialement Responsable)

Label public français attestant qu'un fonds applique une méthodologie ISR structurée et auditée — sans garantir, à lui seul, un niveau d'exigence écologique ou social absolu.

Ce que ça garantit vraiment

  • Une méthodologie ESG documentée et auditée sur six piliers : objectifs ESG définis, méthodologie d'analyse extra-financière, construction et gestion du portefeuille, politique d'engagement actionnarial (vote, dialogue avec les émetteurs), transparence de la stratégie, mesure d'impact.
  • Un socle d'exclusions obligatoires : au minimum le charbon et les hydrocarbures non conventionnels au-delà d'un seuil de chiffre d'affaires, les armes controversées, le tabac, les violations des droits humains, les manquements en matière de lutte anti-blanchiment et de coopération fiscale.
  • Une sélectivité minimale renforcée par le référentiel V3 (entré en application le 1er janvier 2025) : la part de l'univers d'investissement la moins bien notée sur le plan ESG à exclure est passée de 20 % à 30 %.
  • Un audit indépendant réalisé par un organisme accrédité COFRAC, avec des contrôles intermédiaires pendant les trois années de validité du label.

Ce que ça ne garantit PAS

  • Une performance financière supérieure ou un niveau d'impact environnemental mesuré : le label porte sur la méthode appliquée, pas sur le résultat écologique réel du portefeuille.
  • L'absence totale d'entreprises controversées en portefeuille : les exclusions reposent sur des seuils de chiffre d'affaires, pas sur une exclusion à 0 % — une entreprise avec une activité fossile minoritaire peut rester éligible.
  • Une comparabilité totale entre deux fonds labellisés : deux sociétés de gestion peuvent appliquer la même approche best-in-class avec des portefeuilles très différents.
  • Le respect automatique de la version la plus récente du référentiel : un fonds labellisé sous une version antérieure applique les règles en vigueur à son dernier contrôle, jusqu'à sa prochaine échéance.

Qui le délivre et le contrôle

  • Label créé en 2016 à l'initiative du ministère de l'Économie et des Finances, qui en reste le garant public.
  • Attribution et contrôle assurés en toute indépendance par trois organismes certificateurs accrédités par le COFRAC : Afnor Certification, EY France et Deloitte.
  • Label valable trois ans, avec des contrôles intermédiaires annuels pendant cette période pour vérifier le maintien de la conformité.

Comment vérifier qu'un fonds l'a vraiment

  • La liste officielle des fonds labellisés (fichier exhaustif avec codes ISIN, mis à jour régulièrement) sur lelabelisr.fr.
  • Le registre trimestriel consolidé par la Banque de France, qui regroupe les fonds labellisés ISR, Greenfin, Finansol et CIES.
  • Le prospectus et le DIC (document d'informations clés) du fonds : la mention du label, sa date d'obtention et la version du référentiel appliquée (V1, V2 ou V3) doivent y figurer.
  • Le rapport de transparence annuel que tout fonds labellisé doit publier, détaillant la mise en œuvre concrète de sa méthodologie ESG.

Signaux d'alerte greenwashing associés

  • Un fonds qui se présente comme « ISR » sans figurer sur la liste officielle de lelabelisr.fr.
  • Une communication commerciale qui ne précise jamais le référentiel appliqué (V2 ou V3) ni la date d'obtention du label.
  • Un inventaire de portefeuille qui révèle des positions dans des groupes énergétiques fossiles ou des activités controversées, alors que la documentation commerciale met en avant un positionnement environnemental.
  • L'absence de rapport de transparence annuel accessible au public, pourtant obligatoire pour tout fonds labellisé.

Cet outil décode les référentiels eux-mêmes : il ne vérifie pas un fonds en particulier et ne remplace ni le DIC, ni le prospectus, ni le rapport périodique d'un produit donné. Pour confronter un support précis de votre contrat à ces critères, le point de départ reste toujours ses propres documents officiels — ou un échange avec un conseiller.

Aller plus loin

Un fonds précis à décoder dans votre contrat ?

Cet outil explique les référentiels. Pour vérifier ce qu'un support précis de votre assurance vie ou de votre PER a réellement dans son portefeuille, nous pouvons regarder ses documents avec vous, ligne par ligne.